<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:googleplay="http://www.google.com/schemas/play-podcasts/1.0"><channel><title><![CDATA[M.G. Duvernois: Fictions]]></title><description><![CDATA[Des fictions de  fantasy contemporaine ou non. Des mondes proches du nôtre, des héritages invisibles, des gestes qui tiennent le monde debout — ou qui le font basculer.]]></description><link>https://www.mgduvernois.com/s/fictions</link><image><url>https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!nulb!,w_256,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Faeeb2d98-170a-4089-bc87-0f964aaa03cc_1280x1280.png</url><title>M.G. Duvernois: Fictions</title><link>https://www.mgduvernois.com/s/fictions</link></image><generator>Substack</generator><lastBuildDate>Thu, 09 Apr 2026 17:12:33 GMT</lastBuildDate><atom:link href="https://www.mgduvernois.com/feed" rel="self" type="application/rss+xml"/><copyright><![CDATA[M.G. Duvernois]]></copyright><language><![CDATA[fr]]></language><webMaster><![CDATA[mgduvernois@substack.com]]></webMaster><itunes:owner><itunes:email><![CDATA[mgduvernois@substack.com]]></itunes:email><itunes:name><![CDATA[M.G. Duvernois]]></itunes:name></itunes:owner><itunes:author><![CDATA[M.G. Duvernois]]></itunes:author><googleplay:owner><![CDATA[mgduvernois@substack.com]]></googleplay:owner><googleplay:email><![CDATA[mgduvernois@substack.com]]></googleplay:email><googleplay:author><![CDATA[M.G. Duvernois]]></googleplay:author><itunes:block><![CDATA[Yes]]></itunes:block><item><title><![CDATA[Ne pas descendre]]></title><description><![CDATA[Quand un geste de r&#233;sistance devient une sc&#232;ne de fantasy]]></description><link>https://www.mgduvernois.com/p/ne-pas-descendre</link><guid isPermaLink="false">https://www.mgduvernois.com/p/ne-pas-descendre</guid><dc:creator><![CDATA[M.G. Duvernois]]></dc:creator><pubDate>Sun, 05 Apr 2026 07:12:30 GMT</pubDate><enclosure url="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!nulb!,w_256,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Faeeb2d98-170a-4089-bc87-0f964aaa03cc_1280x1280.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelques mois, j&#8217;ai &#233;crit une sc&#232;ne sans vraiment savoir si j&#8217;en ferais une histoire plus longue.</p><p>Je commen&#231;ais &#224; &#233;crire.<br>Je cherchais encore pourquoi.</p><p>Une femme marche dans une ville occup&#233;e.<br>Des soldats ennemis arrivent en face.<br>Le trottoir est trop &#233;troit pour se croiser.</p><p>Quelqu&#8217;un devra c&#233;der le passage.</p><p>Elle a peur.<br>Mais elle ne descend pas.</p><div><hr></div><p>Elle serra les dents et se redressa, le dos tendu, les &#233;paules en arri&#232;re, la t&#234;te bien droite. Elle fixa un point loin derri&#232;re les deux importuns, feignant de les ignorer.</p><p>Son c&#339;ur s&#8217;acc&#233;l&#233;ra.</p><p>Les soldats ennemis n&#8217;&#233;taient plus qu&#8217;&#224; quelques pas. Leur teint blafard ne laissait aucun doute sur leur nature de vampire.</p><p>L&#8217;angoisse l&#8217;&#233;touffait. Elle raidit tous les muscles de son visage pour ne rien montrer et continua sa route.</p><p>Les deux hommes, maintenant &#224; trois pas, descendirent sans un mot du trottoir pour la croiser, remontant aussit&#244;t qu&#8217;ils l&#8217;avaient d&#233;pass&#233;e.</p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://www.mgduvernois.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://www.mgduvernois.com/subscribe?"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><div><hr></div><p>Cette sc&#232;ne, ma grand-m&#232;re me l&#8217;a racont&#233;e des dizaines de fois quand j&#8217;&#233;tais enfant.<br>Elle &#233;tait infirmi&#232;re &#224; l&#8217;h&#244;pital de Nantes pendant la Seconde Guerre mondiale.</p><p>Elle refusait syst&#233;matiquement de descendre du trottoir devant les soldats allemands.</p><div><hr></div><p>Cinquante ans plus tard, la peur &#233;tait encore l&#224; dans sa voix.<br>Mais elle savourait toujours cette petite victoire.</p><p>Je ne sais pas si j&#8217;aurais eu ce courage-l&#224;.<br>Mais elle, elle l&#8217;a eu.</p><div><hr></div><p>Ce n&#8217;&#233;tait pas un acte spectaculaire.<br>Pas une r&#233;volte.<br>Pas une prise de position publique.</p><p>Juste quelques pas.</p><p>Mais pour elle, c&#8217;&#233;tait essentiel.</p><div><hr></div><p>Des r&#233;sistances discr&#232;tes, il y en a eu beaucoup.<br>Elles m&#233;ritent probablement, elles aussi, leurs h&#233;ro&#239;nes.</p><div><hr></div><p>Je crois que c&#8217;est pour &#231;a que cette sc&#232;ne m&#8217;est venue.</p><p>Parce que certaines histoires ne disparaissent pas.<br>Elles se transforment.</p><div><hr></div><p>Dans les r&#233;cits, on parle souvent des grandes r&#233;sistances.<br>Des batailles.<br>Des h&#233;ros.</p><p>Mais la r&#233;sistance commence rarement l&#224;.</p><p>Elle commence dans des gestes minuscules :</p><p>Ne pas baisser les yeux<br>Ne pas reculer<br>Ne pas c&#233;der</p><p>Et parfois&#8230; cacher.<br>Discr&#232;tement.<br>Sans bruit.<br>Mais efficacement.</p><div><hr></div><p>Aujourd&#8217;hui, je comprends mieux ce que j&#8217;essaie d&#8217;&#233;crire.</p><p>Des histoires de r&#233;sistance &#224; l&#8217;oppression.<br>Des histoires de dilemmes moraux.<br>Des histoires o&#249; trop de certitudes masquent de profondes erreurs.</p><div><hr></div><p>Peut-&#234;tre que la fantasy peut servir &#224; &#231;a.</p><p>&#192; raconter, autrement, ces gestes invisibles<br>qui tiennent le monde debout.</p><p>&#192; raconter ces choix quotidiens<br>qui peuvent faire de nous des h&#233;ros&#8230;<br>ou des monstres.</p><div><hr></div><p>Je partagerai la suite de cette histoire tr&#232;s bient&#244;t.<br></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://www.mgduvernois.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://www.mgduvernois.com/subscribe?"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Fumer tue (mais inspire)]]></title><description><![CDATA[Fiction r&#233;aliste]]></description><link>https://www.mgduvernois.com/p/fumer-tue-mais-inspire</link><guid isPermaLink="false">https://www.mgduvernois.com/p/fumer-tue-mais-inspire</guid><dc:creator><![CDATA[M.G. Duvernois]]></dc:creator><pubDate>Tue, 17 Mar 2026 12:53:49 GMT</pubDate><enclosure url="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!nulb!,w_256,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Faeeb2d98-170a-4089-bc87-0f964aaa03cc_1280x1280.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Ce texte est le r&#233;sultat d&#8217;un exercice d&#8217;&#233;criture sur le th&#232;me de la page blanche. Je l&#8217;ai situ&#233; &#224; Nantes. Et sur les conseils de mon coach, je me suis beaucoup plus l&#226;ch&#233;e. J&#8217;avoue m&#8217;&#234;tre beaucoup amus&#233;e &#224; l&#8217;&#233;crire.</p><div><hr></div><p><br>&#8212; Putain de merde !</p><p style="text-align: justify;">Je repousse d&#8217;un geste rageur mon ordinateur. Je suis bloqu&#233;, je le sais, et je d&#233;teste &#231;a.</p><p style="text-align: justify;">J&#8217;ai eu la chance de publier mon premier polar il y a cinq ans. Plusieurs autres ont suivi. Mon h&#233;ros, K&#233;vin, porte un pr&#233;nom ridicule, il est bourru, vulgaire, et aussi dou&#233; que misogyne. Jusqu&#8217;ici, j&#8217;ai &#233;prouv&#233; beaucoup de plaisir &#224; le faire vivre. Mon &#233;diteur attend impatiemment le tome suivant, et je bloque comme un cr&#233;tin. Je n&#8217;ai pas la moindre id&#233;e pour m&#8217;en sortir. Le plan que j&#8217;ai initialement imagin&#233; ne fonctionne pas. L&#8217;ambiance n&#8217;y est pas. J&#8217;ai beau retourner le probl&#232;me dans tous les sens, je ne vois pas comment m&#8217;en sortir, et je n&#8217;arrive pas &#224; &#233;crire un seul mot.</p><p style="text-align: justify;">Kevin est emp&#234;tr&#233; dans son train-train. On s&#8217;emmerde, tout simplement. Il faut que je lui insuffle une nouvelle dynamique&#8230; mais comment ?</p><p style="text-align: justify;">Je suis &#224; deux doigts de tout envoyer pa&#238;tre et de red&#233;marrer de z&#233;ro, mais pour aller o&#249; ? Pour &#233;crire quoi ? Je n&#8217;ai pas non plus de nouvelle id&#233;e. J&#8217;ai beau m&#8217;installer &#224; mon petit bureau, cr&#233;er la meilleure ambiance possible&#8230; rien ne sort.</p><p style="text-align: justify;">Alors ce mercredi-l&#224;, je d&#233;cide de changer d&#8217;air. J&#8217;attrape mon vieux blouson en cuir &#233;lim&#233; et mes baskets. J&#8217;ai la chance de vivre sur l&#8217;&#238;le Beaulieu, pr&#232;s du centre nantais. Je sors de l&#8217;immeuble, et suis imm&#233;diatement assailli par le bruit du boulevard. Je traverse les espaces communs, descends les marches en b&#233;ton sales, et prends le passage pi&#233;ton souterrain. Les murs couverts de graffitis d&#233;gueulasses et la p&#233;nombre donnent au lieu un air plus dangereux qu&#8217;il ne l&#8217;est. Je remonte de l&#8217;autre c&#244;t&#233; du boulevard et me poste &#224; l&#8217;arr&#234;t. J&#8217;en profite pour noter les looks des quidams dans mon carnet. Le bus ne tarde pas et bien s&#251;r il est bond&#233;. Heureusement qu&#8217;il a une voie de bus d&#233;di&#233;e. Il traverse le second bras de La Loire, passe devant la cit&#233; des congr&#232;s. Quatre arr&#234;ts plus loin, je suis devant le ch&#226;teau des ducs de Bretagne. Je finirai &#224; pied.</p><p>Un brouhaha joyeux attire mon attention. Je fais quelques pas et je jette un &#339;il par-dessus le muret qui surplombe les douves. Celles-ci sont partiellement remplies, laissant un vaste espace de gazon libre d&#8217;acc&#232;s. Un groupe d&#8217;&#233;tudiants est l&#224;, braillard.<br><em>Juste une bande de cr&#233;tins.</em></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://www.mgduvernois.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://www.mgduvernois.com/subscribe?"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p><p style="text-align: justify;">Je m&#8217;accoude au muret et les observe. Tout le monde ne s&#8217;amuse pas. Un gars &#224; t&#234;te de Charles-Hubert vient d&#8217;&#234;tre balanc&#233; de force dans la flotte. Il sort, et ne rigole pas du tout. J&#8217;imagine plusieurs sc&#233;narios. &#201;tait-ce un cas isol&#233; ? Est-il leur souffre-douleur ? Va-t-il se venger ?</p><p>&#8212; Tu vas me le payer !</p><p>&#8212; Ouh, j&#8217;ai peur&#8230;</p><p style="text-align: justify;">Trois enjamb&#233;es, et il est sur les meneurs. Un uppercut. Le gars s&#8217;&#233;croule. Silence de mort. Ouille, le bourgeois sait apparemment se battre.</p><p>L&#8217;autre le regarde, h&#233;b&#233;t&#233;.</p><p>&#8212; Remettez-moi votre pantalon.</p><p>&#8212; Quoi ???</p><p>&#8212; Je ne rentre pas mouill&#233;. Donne. Ton. Jean.</p><p>Le type est l&#224;, la bouche ouverte, comme un poisson hors de l&#8217;eau. Je suis mort de rire. Charles-Hubert r&#233;cup&#232;re le futal et se change devant tout le monde. Il repart comme un prince, et l&#8217;autre reste l&#224; en cale&#231;on. Il faut d&#233;finitivement que je r&#233;utilise &#231;a. Je l&#8217;imagine, rentrer le week-end prochain &#224; la r&#233;sidence d&#8217;&#233;t&#233; de p&#232;re et m&#232;re &#224; La Baule, et leur relater comment il a remis &#224; leur place ces rustres.</p><p style="text-align: justify;">Je poursuis ma balade en r&#234;vassant jusqu&#8217;au quartier du Bouffay. Une cr&#234;perie &#224; droite, un Italien &#224; gauche&#8230; les restaurants s&#8217;alignent de part et d&#8217;autre. Je m&#8217;enfonce dans la ribambelle de rues &#233;troites. L&#8217;endroit a gard&#233; quelques vieilles maisons, et ses pav&#233;s lui donnent un air m&#233;di&#233;val. La vie y bat son plein, de jour comme de nuit. Ces murs en ont vu, des histoires : &#233;mouvantes, dr&#244;les, glauques.</p><p style="text-align: justify;"><em>Tiens, c&#8217;est vrai que je n&#8217;y ai jamais plac&#233; d&#8217;action.</em></p><p style="text-align: justify;">J&#8217;avise une chaise libre sur la terrasse d&#8217;un troquet, et fonce, ignorant le regard outr&#233; d&#8217;une Marie-Chantal esseul&#233;e &#224; qui je grille la politesse. Je m&#8217;assois et sors mon paquet de cigarillos. Un journal tra&#238;ne sur la table. J&#8217;ouvre la page des faits divers, carnet &#224; la main : tentative de viol, attaque au couteau, et&#8230; un homme qui d&#233;p&#232;ce des ch&#232;vres dans un parking de supermarch&#233; ???</p><p style="text-align: justify;"><em>Pauvre nase.</em></p><p style="text-align: justify;">Je ne peux retenir une exclamation. Le couple &#224; ma droite me lance un regard m&#234;lant reproche et m&#233;pris. Je les d&#233;taille des pieds &#224; la t&#234;te. Vu leur look, je ne dois pas &#234;tre &#224; la hauteur de leurs standards. En effet, ils d&#233;tonnent dans le d&#233;cor : lui, la quarantaine, costume dernier cri et elle, la vingtaine, tenue microscopique, tous seins dehors. Qu&#8217;est-ce qu&#8217;ils foutent l&#224; ?</p><p style="text-align: justify;"><em>Il a d&#251; venir s&#8217;encanailler.</em></p><p style="text-align: justify;">Je l&#8217;imagine tout de suite, fuyant bobonne pendant un voyage d&#8217;affaires. Apr&#232;s tout, on est en milieu de semaine. Il a le rire aussi gras que ses cheveux, et l&#8217;esprit qui ne vole pas bien haut.</p><p style="text-align: justify;">Au moins, il ne d&#233;p&#232;ce pas de ch&#232;vres, comme l&#8217;autre d&#233;rang&#233; du fait-divers.</p><p style="text-align: justify;">J&#8217;esquisse un sourire machiav&#233;lique. Une id&#233;e tordue vient d&#8217;illuminer mon cerveau. J&#8217;ouvre mon sac &#224; dos, sors carnet et stylo, et griffonne &#224; la h&#226;te le sc&#233;nario macabre qui germe dans ma t&#234;te, juste quelques id&#233;es jet&#233;es sous forme de quelques grandes lignes. J&#8217;y reviendrai plus tard</p><p style="text-align: justify;">&#8212; Vous prenez quelque chose ?</p><p style="text-align: justify;">Je l&#232;ve le nez, maussade. Un Jules &#224; moustache vient de m&#8217;interrompre en pleine r&#234;verie. Il me faut deux secondes pour raccrocher les wagons.</p><p style="text-align: justify;">&#8212; Une Leffe. En cinquante.</p><p style="text-align: justify;">Il repart sans un mot, la mine renfrogn&#233;e. La p&#233;tasse &#224; ma droite me fusille du regard, apparemment d&#233;rang&#233;e par mon cigarillo. Je l&#8217;ignore ostensiblement et poursuis ma lecture.</p><p style="text-align: justify;">Marie-B&#233;n&#233;dicte vient de rejoindre Marie-Chantal et elles ont fini par trouver une place.</p><p style="text-align: justify;">Un verre de Leffe se mat&#233;rialise soudain sous mes yeux.</p><p style="text-align: justify;">&#8212; &#199;a fera quatre euros cinquante.</p><p style="text-align: justify;">J&#8217;&#233;crase mon m&#233;got dans le cendrier et paye. Je rallume imm&#233;diatement un autre cigarillo. Emmerder le monde est un sport dans lequel j&#8217;excelle, surtout quand je suis d&#8217;humeur massacrante.</p><p>&#8212; Papa, j&#8217;ai lu r&#233;cemment un article sur les ravages du tabac. C&#8217;&#233;tait fascinant.</p><p style="text-align: justify;">Je manque d&#8217;en avaler ma clope. Je ne l&#8217;avais pas vu venir celle-l&#224;. D&#8217;abord le gars est son p&#232;re. Ensuite sa prog&#233;niture est une emmerdeuse sournoise. J&#8217;&#233;coute avidement leur conversation. Elle finit ses &#233;tudes de droits. Je l&#8217;imagine passant le concours d&#8217;inspecteur de police, d&#233;barquant dans le commissariat. Ce serait un sacr&#233; bordel.</p><p style="text-align: justify;">Je reste deux heures en terrasse &#224; observer et &#233;couter aux portes comme une comm&#232;re de quartier. Une bande d&#8217;Hippocrate en goguette se vante de leurs exp&#233;riences les plus sanglantes. Roger et sa Germaine, un peu plus loin, se plaignent de ne pas voir assez leurs petits-enfants. Dans la cr&#234;perie d&#8217;en face, deux couples de Romeo et Juliette se font les yeux doux. Quelques enfants &#224; c&#244;t&#233; sont appliqu&#233;s &#224; foutre la honte &#224; leurs parents, &#224; coups de cris, de chamailleries, et de Nutella barbouill&#233;s sur le visage.</p><p style="text-align: justify;">Ce soir-l&#224;, je reprends mon carnet et d&#233;veloppe certaines id&#233;es en un plan sommaire. Puis je jette cinq pages maladroites &#224; coups de clavier rageurs. &#199;a me prend la soir&#233;e, mais je m&#8217;&#233;clate. Kevin va rencontrer une p&#233;tasse de classe royale qui va lui mener la vie dure et mettre par terre toutes ses certitudes. Tiens, et puis son nouveau coll&#232;gue sera un bourgeois, qu&#8217;il croira minable au d&#233;but. Avant de se rendre compte qu&#8217;il est meilleur que lui. &#199;a va l&#8217;&#233;nerver. On va bien s&#8217;amuser.</p><p style="text-align: justify;">Demain, j&#8217;y retourne. Arm&#233; de mon ordinateur portable.</p><div><hr></div><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://www.mgduvernois.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Abonnez-vous maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://www.mgduvernois.com/subscribe?"><span>Abonnez-vous maintenant</span></a></p>]]></content:encoded></item></channel></rss>