De la Bible à Paris 2025 : L’origine du projet
De la Bible de mon enfance à L'Envers du Ciel
Mon histoire préférée
Mon histoire préférée quand j’étais enfant était celle de Tobie, qui met en scène l’archange Raphaël.
J’ignore où je l’ai lue, car elle n’est pas dans le canon biblique de l’Église romaine. Parce que oui, il existe plusieurs versions de la Bible. C’est d’ailleurs en recherchant plus tard le texte original de Tobie que je l’ai découvert.
Ça m’a valu de lire une bonne partie de l’Ancien Testament pour le retrouver. J’ai toujours été très têtue quand j’avais un objectif en tête.
Certains passages m’ont marquée à vie. Un autre m’a déniaisée un peu trop rapidement — je n’avais que 12 ans. Je me rappelle encore de ce moment, les yeux écarquillés devant une certaine loi du Lévitique.
Ah bon ! Y’en a qui font ÇA ??? Et c’était tellement courant qu’ils ont fait une loi ?
Je me suis alors fait cette réflexion : Dieu avait bien du courage de s’intéresser à nous, vu le ramassis de barbares que nous étions.
L’ouverture d’esprit
Un de mes amis était un prêtre qui avait l’âge d’être mon grand-père. Je l’ai bombardé de questions.
J’ai ainsi découvert l’existence des autres Églises catholiques, dont on ne parlait pratiquement pas à l’époque : maronite, assyrienne, éthiopienne. Ça m’a grandement ouvert l’esprit sur le fait qu’il y avait plusieurs bonnes façons de faire les choses.
Le Livre d’Hénoch
Des années plus tard, Internet m’a donné accès au Livre d’Hénoch, reconnu par l’Église éthiopienne. Il offre une vision beaucoup plus dramatique de l’histoire des Nephilim.
Cette version est tragique et profondément triste. Je ne prétends pas être exégète, mais je comprends qu’elle ait été retirée du canon biblique romain. Ce Dieu qui refuse de pardonner à des êtres qui le supplient, ça ne ressemble pas au reste du message.
Je préfère la version plus mystérieuse, mais aussi infiniment plus positive, issue de la Genèse. Celle-ci ne dit pas grand-chose, à part que les descendants des anges étaient les héros du temps jadis.
J’ai toujours pensé que cette histoire était d’une beauté tragique et méritait d’être racontée.
Le déclic
Un jour, j’écoutais distraitement un archevêque interviewé sur une chaîne française. Il se plaignait de la fascination du monde actuel pour les démons. Loups-garous, vampires — pour lui, tout ça n’était que démons.
Ça m’a choquée.
D’abord parce qu’on peut aimer l’urban fantasy sans être adorateur du diable. C’est très précisément le genre de position qui m’a éloignée de l’Église. La plupart des lecteurs sont capables de faire la différence entre fiction et réalité.
Il n’y a rien dans la Bible qui interdise l’invention d’histoires ou de récits imaginaires. La fiction est même un outil biblique. Jésus lui-même racontait des paraboles pour enseigner. Une bonne histoire vaut mieux qu’un long discours.
Et puis, de mon humble point de vue, il ferait mieux de s’inquiéter de la confusion entre amour de l’autre et possession de l’autre dans les romances modernes. Ça ce serait un vrai sujet.
Je lui ai répondu là, devant ma télé :
— Ah mais pas du tout ! J’adorerais lire des histoires d’urban fantasy sur les anges, mais il n’y en a pas beaucoup.
J’aurais juré que mon ange gardien m’a immédiatement murmuré à l’oreille : « Même pas cap. »
J’étais alors en pleine réflexion pour choisir le thème de mon premier roman.
Ça tombait bien.
Le jeu des « Et si ? »
Et si les descendants des anges déchus n’étaient pas seulement les héros du temps jadis, mais étaient encore parmi nous ?
Et si leur présence avait généré une société ségrégationniste : Nephîlîm versus ordinaires ?
Et si l’un des Veilleurs n’avait pas suivi les autres ? Que lui serait-il arrivé après la punition reçue par ses camarades ?
Et s’il avait mal compris la raison réelle de leur châtiment ?
Et si d’autres anges avaient engendré des enfants avec des humains, dans le plus grand secret ?
Les règles du jeu
Pour transformer ces questions en roman, je me suis fixé quelques règles :
1. Respecter l’esprit des textes bibliques Sans être une adaptation littérale, l’univers devait rester cohérent avec la mythologie angélique. Les hiérarchies, les pouvoirs, les enjeux — tout devait faire écho aux textes fondateurs.
2. Ancrer dans le monde moderne Pas de monde parallèle ou de portail magique. Paris, 2025. Une dystopie urbaine où la technologie et le divin coexistent.
3. Poser des questions actuelles Que se passe-t-il quand on institutionnalise la discrimination génétique ? Peut-on résister à un ordre qui se prétend d’origine divine ? Comment découvrir qui on est vraiment quand toute sa vie repose sur un mensonge ?
4. Créer des personnages humains Même les anges. Même les archanges. Leurs dilemmes, leurs doutes, leurs contradictions — c’est ce qui rend une histoire vivante.
5. Respecter les croyances Un croyant doit pouvoir lire l’histoire sans avoir de l’urticaire. Les anges ne sont pas des personnages mythologiques comme les autres. Les anges qui seront représentés dans une position discutable (de péché donc) seront des anges « inventés ». Les anges canoniques, s’ils sont un jour présents, ne seront pas représentés dans une position de péché.
De ces règles est né L’Envers du Ciel.
Dans les prochains articles, je vous présenterai Malia, Azriel, et l’univers dans lequel ils évoluent. Je partagerai aussi des extraits, mes recherches sur les hiérarchies angéliques, et les coulisses de l’écriture.
En attendant, si vous avez des questions ou des réflexions sur les Nephîlîm, la mythologie angélique, je serais ravie d’en discuter dans les commentaires.
En savoir plus : Et s'ils étaient parmi nous ?

