Pourquoi j'ai choisi une bêta lectrice humaine
Alors que l'IA est littéralement mon métier
Quand j’ai annoncé à mon coach, auteur professionnel et ancien éditeur que j’avais choisi une bêta lectrice professionnelle il m’a répondu tout de go « Ah bah moi, je m’embête plus, j’envoie tout à Claude ».
Pourtant je n’ai pas changé d’avis.
L’IA est littéralement mon métier
Vous pourriez penser : normal ! Elle n’y connaît rien en IA.
Vous auriez tort.
L’IA est mon métier au quotidien. C’est littéralement mon boulot de faire monter les gens en expertise sur le sujet, trouver de nouveaux cas d’usage, identifier les risques et mettre en place la gouvernance nécessaire. C’est aussi mon travail de leur faire accepter que leur métier va évoluer.
Donc j’ai conscience qu’il est normal que le métier d’auteur évolue. Et j’ai une idée assez précise du comment et des impacts.
C’est précisément parce que je les connais que je me suis fixé des limites.
Premier regard professionnel
C’est mon premier roman. Ce n’est pas la première fois qu’il est soumis au regard des autres.
Certains chapitres — ou bout de chapitre — ont été partagés avec mon coach dans le cadre de ma formation, et plutôt bien accueillis. Connaissant plus la fantasy épique de Tolkien, il a été surpris par mon Urban Fantasy à l’anglo-saxonne. Il a été intrigué par le mélange Dystopie, thriller et mythologie. Il a apprécié le style, et ce qu’il a lu l’a même parfois scotché.
Donc en gros, ça ne s’est pas si mal passé que ça.
J’ai cherché des bêta lecteur bénévoles. Jusqu’ici seules ma belle-mère et ma sœur se sont portées volontaires. Oui, elles l’ont aimé, et je les en remercie. Mais pas certaine qu’elles soient totalement objectives.
C’est donc la première fois que le roman va être soumis dans sa totalité au regard d’une professionnelle.
Je ressens un mélange d’excitation et d’angoisse assez étrange.
Le choix de la bêta lectrice
Tout d’abord, pourquoi une bêta lectrice ?
Je suis une perfectionniste. C’est indéniable.
Quand je me passionne pour un sujet, je vais toujours au fond des choses. C’est d’ailleurs aussi pour cette raison que j’ai pris une formation d’un an sur le sujet après deux master class.
Je souhaitais progresser dans ma maîtrise de l’écriture. Pas juste écrire un livre lisible, mais écrire un livre qui mérite vraiment d’être lu, de niveau éditeur.
Ma formation inclut une bêta-lecture du livre par mon coach. J’aurais pu m’en suffire. Il a écrit de nombreux livres et a été éditeur Young Adult. C’est clairement un pro.
Seul hic : il a une écriture plus classique, et ne connaît que la fantasy classique. Or le marché et l’écriture Fantasy ont beaucoup évolué. Et mon roman est mixte avec des éléments de thrillers et de fantastique.
Aux USA, il aurait été catégorisé Urban Fantasy. Je souhaitais donc avoir le retour d’un professionnel expérimenté sur ce secteur en France.
Quoi de mieux dans ce cas qu’une bêta lectrice professionnelle, par ailleurs lectrice pour un éditeur Young Adult et New Adult ?
Préparation à une soumission éditeur
Je souhaite soumettre mon livre à des éditeurs. J’ai conscience qu’il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus, mais ça ne veut pas dire que je ne vais pas essayer. Travailler avec quelqu’un qui a un rôle de lectrice pour un éditeur du même genre, me permettra d’avoir un retour honnête sur mon niveau.
Peut-être que je passerai un sale quart d’heure si tout est à revoir. Mais comme le disait mon maître d’aïkido : un problème énoncé est un problème à moitié résolu. Reste plus qu’à trouver l’autre moitié.
En gros : je veux écrire un livre de qualité. Si j’ai des choses à travailler, je veux le savoir et l’affronter. C’est comme ça que je pourrais m’améliorer.
Un retour sur l’émotion
Vous allez me dire : très bien, mais tout ça en te débrouillant bien l’IA peut faire pareil. Ou pourra le faire un jour.
Non
Même une IA aussi avancée que Claude n’a aucune émotion.
Son modèle est entraîné pour vous donner l’illusion d’une émotion. Quand on échange avec lui, on n’a pas l’impression désagréable de parler à un robot. C’est un compagnon de route agréable quand on sait l’utiliser à bon escient.
Il peut vous donner l’impression de parler à un humain.
Il ne l’est pas. Il n’a aucune émotion.
Il peut comprendre l’humour, oui.
Il ne pourra pas vous dire quand il a vibré, quand il a pleuré, ou si le personnage lui a manqué à la fin.
Cela seul un humain peut le faire.
C’est plus risqué de demander à un humain, mais c’est ça qui fait le sel du truc.
Je n’ai pas écris un livre pour une IA, j’ai écris un livre pour les humains.
Et vous ? Avez-vous déjà soumis un texte à un regard professionnel ? Qu’est-ce qui vous a retenu, ou convaincu de le faire ?



